Musicothérapie et sonopratique : quelle différence ?
Toutes les deux utilisent le son. Toutes les deux parlent de bien-être, d’émotions, de système nerveux… Alors on les confond souvent ! Pourtant, musicothérapie et sonopratique ne reposent ni sur le même cadre, ni sur les mêmes objectifs, ni sur la même formation.
Les distinguer, ce n’est pas les opposer. C’est se donner les moyens de choisir, en conscience, l’accompagnement qui nous correspond.
LA MUSICOTHERAPIE
La musicothérapie est une intervention thérapeutique structurée. Elle utilise la musique et le son pour atteindre des objectifs cliniques… qui, eux, ne sont pas musicaux. On ne vient pas en musicothérapie pour apprendre à jouer d’un instrument, mais pour prendre soin de soi à travers la musique.
Elle repose sur une relation à trois : le ou la patient∙e, le ou la thérapeute, et la musique ou le son. Et elle s’inscrit dans une démarche de soin appuyée sur la recherche scientifique. Elle est reconnue comme une approche non médicamenteuse qui peut soutenir la santé mentale et le bien-être global.
Deux approches
La musicothérapie active passe par l’improvisation, le chant, la composition. Elle favorise l’expression des émotions et la réhabilitation sociale.
La musicothérapie réceptive passe par l’écoute guidée, l’analyse, la mise en mots de ce que l’on ressent. Elle soutient la régulation émotionnelle et le travail cognitif.
Quatre grands domaines
Sur le plan cognitif, elle peut viser l’attention, la mémoire, les fonctions exécutives.
Sur le plan émotionnel, la régulation des émotions, la réduction de l’anxiété et de la dépression, l’amélioration de l’humeur.
Sur le plan social, la communication, la participation, la qualité des liens avec les autres.
Sur le plan physique et moteur, les compétences motrices, la coordination, la rééducation.
Ce qu’il faut retenir
Les effets sont plus durables quand l’accompagnement s’inscrit dans le temps, sur trois mois minimum. Les protocoles sont individualisés selon les besoins de chaque personne. Une formation certifiée est indispensable. Aujourd’hui, trois diplômes universitaires (DU) sont reconnus par la Fédération Française de Musicothérapie. Les praticien∙ne∙s sont supervisé∙e∙s. Et la musicothérapie vient compléter les soins traditionnels, sans jamais les remplacer.
LA SONOPRATIQUE
La sonopratique repose sur l’hypothèse que les fréquences sonores et les vibrations peuvent influencer notre état physiologique et psychologique, à travers la résonance du corps et l’action sur le système nerveux autonome. L’objectif est d’aider à passer de l’état sympathique, celui du stress, à l’état parasympathique, celui de la détente.
Plusieurs travaux décrivent d’ailleurs comment l’exposition à certains sons peut favoriser une relaxation profonde et faire baisser des marqueurs physiologiques du stress.
Deux approches
Les voyages, bains, siestes ou balades sonores se vivent le plus souvent en collectif. C’est une pratique réceptive : on écoute, on reçoit. Le jeu d’un ou de plusieurs instruments vibratoires invite à entrer dans un état modifié de conscience.
Les massages sonovibratoires, eux, se font avec des bols chantants et/ou des diapasons posés sur le corps ou tout près. Les vibrations de basse fréquence se transmettent aux tissus et viennent agir sur le tonus musculaire et la détente du corps.
Trois grands objectifs
D’abord, réguler le système nerveux : quitter l’état d’éveil et de stress pour retrouver la détente.
Ensuite, accompagner les ondes cérébrales et l’état de conscience : favoriser l’entrée dans des états alpha (relaxation éveillée) ou thêta (méditation profonde).
Enfin, soulager la douleur et les tensions : diminuer la perception de la douleur chronique et relâcher les tensions musculaires. La vibration agit comme un « massage interne » des tissus, qui favorise la circulation et le relâchement.
Ce qu’il faut retenir
Les effets sur le système nerveux sont souvent ressentis dès la première séance. C’est une approche centrée sur la vibration et la résonance, et elle aussi vient en complément des soins traditionnels.
Mais attention ! Il n’existe aucun diplôme d’État. Les formations sont très hétéroclites, plus ou moins certifiantes. Et les praticien∙ne∙s n’ont aucune obligation de supervision. D’où l’importance de bien se renseigner sur la personne qui vous accompagne : sa formation, son cadre, son éthique.
LES DISTINCTIONS CLAIRES
Musicothérapie | Sonopratique | |
Titre | Musicothérapeute, métier encadré par la profession | Sonopraticien∙ne, titre non protégé |
Personne accompagnée | Patient∙e | Client∙e |
Formation | Diplôme universitaire (DU) | Formations privées |
Régulation | Contrôlée : supervision, code de déontologie… | Non contrôlée : responsabilité individuelle, selon l’éthique de chacun∙e |
Intégration | Reconnue, intégrée dans des protocoles médico-sociaux | Hors du système de santé conventionnel |
Objectif | Thérapeutique | Bien-être |
Où se rejoignent-elles ?
Toutes deux utilisent le son comme levier de changement. Toutes deux favorisent la régulation émotionnelle et la détente. Toutes deux demandent un cadre sécurisant et une écoute bienveillante. Et toutes deux peuvent trouver leur place, ensemble, dans un parcours de soin global.
Complémentaires, pas concurrentes
Personnellement, je sens que chacune de ces médiations nourrit l’autre. Je ne vois pas cela comme une compétition, mais comme une complémentarité.
Il y a des moments de vie où l’on a plus envie, ou plus besoin, de l’une, de l’autre… ou des deux !
C’est justement pour naviguer sereinement entre ces besoins qui évoluent qu’il est essentiel de connaître la différence. Savoir les distinguer, c’est s’offrir la liberté de choisir la bonne ressource, au bon moment de sa vie.
Coeur sur vous ♥
Camille